Plus de Mia Steller
La première fois qu’il a entendu Elvis chanter, c’était devant le petit écran du salon familial de Sugiez, le 14 janvier 1973, Christian avait 13 ans. À l’époque, la télévision rassemblait, on s’invitait pour voir l’homme marcher sur la lune, on veillait toute la nuit pour assister à la retransmission par satellite du mythique concert du King à Honolulu.

Envahi par la passion du rock’n roll, Christian commence par interpréter des chansons de Johnny Hallyday dans les karaokés. Par la suite, il se fait faire des costumes par une amie couturière qui découpe le bas de ses pantalons pour les transformer en pattes d’éléphant. Il devient Chris Aaron, empruntant le deuxième prénom d’Elvis Presley, et se produit au son de bandes-orchestre enregistrées sur cassettes audio. Aujourd’hui, "le boss" est accompagné d’une douzaine de talentueux musiciens, les Memphis Knights, et ses tenues sur-mesure sont commandées dans l’Indiana. Il s’amuse du fait que son nom n’est jamais inscrit sur la porte de sa loge, sauf une fois, au Kursaal de Berne, lorsqu’il apparaissait en première partie d’un spectacle de Marie-Thérèse Porchet qui l’avait alors complimenté sur la beauté de ses cheveux. Néanmoins, le chauffeur poids-lourds de métier et président du fan club romand d’Elvis se donne corps et âme dans ce qu’il qualifie de hobby pratiqué avec professionnalisme.

Ce soir, invité par le club de badminton de Corminboeuf, Christian se prépare méticuleusement dans le vestiaire de la salle polyvalente. Avouant quelques manies, il déballe son costume "Red Lion" à la ceinture rivetée d’imposantes têtes de lions dorées. La transformation est stupéfiante, l’artiste se concentre. Lorsqu’il entre en scène, sa personnalité sensible et généreuse se double de celle du crooner adressant aux dames des clins-d‘œil malicieux. Dans la salle, Madame et Monsieur Clémence de Reconvilier ont fait plus d’une heure de route pour assister au concert. Peu importe la distance, ils ne ratent aucune des prestations de leur idole, ils étaient les premiers à réserver leurs places devant l’estrade.

Les tubes se succèdent, l’enthousiasme du groupe est contagieux, la magie du groove opère. Sans tomber dans la caricature excessive, Chris Aaron chante Elvis avec un naturel troublant, préservant l’esprit du personnage et de sa musique qui met du baume au cœur et donne du courage. L’audience conquise se laisse entraîner par les mélodies blues et rock’n roll auréolées de la voix envoûtante d’un King réapparu.
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